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	<title>ArtKopel, webmag art et culture</title>
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		<title>Jacques le Brusq</title>
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		<dc:date>2011-06-15T15:17:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Peintures :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le neuvi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec des &#339;uvres peintes de Jacques Le Brusq, accompagn&#233;es d'un texte de Karen Lavot-Bouscarle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jacques-lebrusq-peinture-1-48ced.jpg?1766146314' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ArtKopel vous pr&#233;sente le neuvi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec des &#339;uvres peintes de Jacques Le Brusq, accompagn&#233;es d'un texte de Karen Lavot-Bouscarle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&gt; Consultez &#233;galement notre entretien avec le peintre r&#233;alis&#233; le 28 septembre 2011 : &lt;a href='https://artkopel.com/Jacques-Le-Brusq,65.html'&gt;entretien avec Jacques Le Brusq&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des ch&#234;nes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me r&#233;pondit que non. Savait-il &#224; qui elle &#233;tait ? Il ne savait pas. [...] Le vent aussi dispersait certaines graines. En m&#234;me temps que l'eau r&#233;apparut r&#233;apparaissaient les saules, les osiers, les pr&#233;s, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Jean Giono&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres, 1953, &#201;ditions Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au sommet de la montagne de &lt;i&gt;Fulu&lt;/i&gt;, au c&#339;ur de la ta&#239;ga su&#233;doise, s'&#233;rige un &#233;pic&#233;a vieux de plusieurs mill&#233;naires, grand sage portant la m&#233;moire de tant de vies et de tant de choses. Depuis 7158 avant JC, il observe silencieusement le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Il y a plus de neuf cent ans, une &#233;toile d'une beaut&#233; exceptionnelle apparut dans le ciel ; cette apparition fut observ&#233;e &#224; l'&#233;poque. Aujourd'hui nous savons qu'il s'agissait de la supernova de la N&#233;buleuse du Crabe.&lt;br class='autobr' /&gt;
De telles apparitions sont rares : trois seulement dans notre Galaxie au cours des mille derni&#232;res ann&#233;es. Quand aura lieu la suivante ? Personne ne peut r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;br class='autobr' /&gt;
[...] C'est alors qu'interviennent les arbres qui peuvent relater tous ces ph&#233;nom&#232;nes par l'examen des cernes.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelles de la science, vari&#233;t&#233;s, informations in L'Astronomie, 1969, Vol. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune &#233;toile de la galaxie ne meurt sans que l'arbre n'en rende compte... Il absorbe, nourrit, soigne, abrite, prot&#232;ge, du chaud comme du froid ; dans beaucoup de civilisations, il est la connaissance, la force de vie, il nourrit et &#233;l&#232;ve l'&#226;me. Dans la tradition Shinto par exemple, avant qu'apparaissent les autels, les temples &#233;taient des arbres sacr&#233;s ; encore aujourd'hui, les sanctuaires sont toujours entour&#233;s d'arbres, appel&#233;s &lt;i&gt;Chinju-no-Mori (la For&#234;t du sanctuaire du village)&lt;/i&gt;, indiquant que ce n'est pas une for&#234;t ordinaire. Dans la Gr&#232;ce antique, des plantations sacr&#233;es tenaient la place des sanctuaires, bien avant les temples que l'on conna&#238;t. Ainsi, dans le temple de l'&#201;rechth&#233;ion sur le versant nord de l'Acropole, &#224; c&#244;t&#233; de la fontaine d'eau sal&#233;e de Pos&#233;idon, se tient l'olivier sacr&#233; d'Ath&#233;na, symbole de sa victoire, de paix et de prosp&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arbre rena&#238;t de fa&#231;on cyclique, projection idyllique dans notre mental qui ne peut admettre notre fin. &#171; Bien avant que l'ann&#233;e d&#233;cline, le printemps prochain est pr&#233;sent, mais c'est un secret. &#187; &#233;crit po&#233;tiquement Jacques Brosse dans &lt;i&gt;Mythologie des arbres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mythologie des arbres de Jacques Brosse, &#201;ditions Payot &amp; Rivages, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il pr&#233;face cet ouvrage d'une citation de Saint Bernard de Clairvaux : &#171; Tu trouveras dans les for&#234;ts plus que dans les livres. Les arbres et les rochers t'enseigneront les choses qu'aucun ma&#238;tre ne te dira. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vivre sous le temps.&lt;/i&gt; &#202;tre, se sentir &#234;tre, s'arr&#234;ter un instant, suspendre le temps, le p&#233;n&#233;trer pleinement. Observer les traces &#8212; celles de notre passage, les autres, l'invisible, l'impalpable &#8212; &#233;couter le silence, les r&#233;surgences, les r&#233;miniscences. Vouloir rendre notre passage visible, devoir le rendre invisible...&lt;br class='autobr' /&gt;
J'attends la pluie, qui vient tout effacer, laver, nourrir la terre, la vie recommencer, perp&#233;tuer. J'aime cette odeur particuli&#232;rement d&#233;licieuse des sols mouill&#233;s, les sous-bois humidifi&#233;s par la naissance du jour, le lichen au pied des grands ch&#234;nes de la for&#234;t, l'herbe et la terre tout juste arros&#233;es, le parfum de la nuit ti&#232;de et fra&#238;che &#224; la fois, juste avant l'aurore.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arbre &#8212; roi myst&#233;rieusement enracin&#233; dans le sol, majestueusement dress&#233; vers le ciel &#8212; &#233;coutons ses secrets, enveloppons nous dans sa pr&#233;sence caressante, dialoguons en silence pour nous ouvrir &#224; l'intuition et retrouver nos racines. &#171; Chaque arbre est le centre du Monde &#187; nous dit Jacques Le Brusq.&lt;br class='autobr' /&gt;
La terre &#8212; admirons son &#233;tendue infinie, nourrici&#232;re, immens&#233;ment vibrante &#8212; jouissons de la vie qu'elle nous transmet. Devenue un outil de production, nous ne la regardons plus. Pire, elle peut &#234;tre associ&#233;e &#224; de multiples poisons, appauvrie et d&#233;sol&#233;e, parfois ringardis&#233;e, et si belle pourtant, pour qui veut la regarder, porteuse de l'ici et de l'ailleurs. La plaine peinte par Jacques le Brusq est &#233;tonnante, parfois quasi-monochrome, elle devient le sujet de variations o&#249; l'on aime se perdre dans un voyage sans fin, invite &#224; approcher l'horizon du monde &#233;nigmatique, o&#249; domine cette pr&#233;sence hypnotisante. &#171; Pr&#233;sence est le ma&#238;tre mot &#187; nous dit encore le peintre du vert, du bois et de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma rencontre avec Jacques Le Brusq a &#233;t&#233; comme un v&#233;ritable coup de foudre, sans doute parce que j'&#233;tais sous le grand ch&#234;ne par un soir d'orage argent&#233;, cette matin&#233;e de printemps o&#249; le soleil pointait d&#233;j&#224; au z&#233;nith. Il m'a emmen&#233;e dans sa machine &#224; voyager dans l'espace-temps, m'a invit&#233;e dans sa Cour de Bovrel, celle qui n'est plus, &#233;clair&#233;e par la lune ; j'y ai retrouv&#233; mon monde perdu qui ressemble &#224; toutes les for&#234;ts que j'ai aim&#233;es, aux odeurs qui m'ont construite, aux &#233;motions qui me remuent &#8212; qui me meuvent vers une certaine tranquillit&#233; productrice et enrichissante &#8212; &#224; l'essence des choses. J'y ai entendu toute la musique myst&#233;rieusement envo&#251;tante, chaque perle de ros&#233;e cr&#233;pitant au compte-goutte sur les &#233;corces fines, chaque minuscule animal tapi sous les feuilles d&#233;pos&#233;es au sol, et celui, pas plus gros qu'une musaraigne, tout &#224; coup per&#231;u comme le g&#233;ant de la for&#234;t dont les grands bois craquent en r&#233;sonance. Je crois m&#234;me que j'ai aper&#231;u le rayon vert ce jour l&#224; dans son atelier, qui m'a laiss&#233; un souvenir d&#233;licieusement imp&#233;rissable. Chaque peinture de Jacques Le Brusq est de l'ordre du don, presque une r&#233;v&#233;lation du pr&#233;sent que peut &#234;tre la vie. Il sait nous r&#233;v&#233;ler l'&#226;me des petits et grands monuments qui nous entourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien s&#251;r &#233;t&#233; saisie par certaines similitudes entre son regard et le mien, et notre fa&#231;on de le retranscrire en utilisant des m&#233;diums pourtant tr&#232;s diff&#233;rents. Il travaille la peinture en contre-jour pour &#233;liminer la perspective &#8212; surtout pas l'espace, au contraire &#8212; et supprimer les d&#233;tails inutiles, aller &#224; l'essentiel, &#224; la profondeur du monde pos&#233;e d&#233;licatement sur une surface plane. Je travaille la photographie parfois en flous et d&#233;saturation afin de privil&#233;gier l'&#233;motion, en &#233;liminant la description. Pourquoi cet &#233;cho, miroir si troublant dans certaines de nos images, quand nous ignorions tout du travail de l'autre ? Nous cherchons en commun, le souvenir &#8212; non la nostalgie &#8212; de notre essentiel, de l'innommable. &#171; &lt;i&gt;La peinture commence l&#224; o&#249; les mots s'arr&#234;tent&lt;/i&gt; car dit-il, &lt;i&gt;les artistes expriment ce que l'on ne peut nommer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous palabrons de concert &#8212; comme des &#233;vidences &#8212; nous savourons alors le plaisir du partage et cet appel au silence, &#224; l'introspection et &#224; la r&#233;flexion sur une communion avec ce qui nous entoure et que nous ne regardons plus assez, dans ce monde-aux-mille-images-seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme moderne a oubli&#233; que la terre ne nous appartenait pas, mais que nous lui appartenions. Pour revenir &#224; cet &#233;quilibre, il faut changer notre regard, il faut se poser. Jacques Le Brusq nous offre dans son langage bien &#224; lui, ces &#171; portraits &#187; qui sont une ode &#224; la beaut&#233; vraie, pour nous chuchoter qu'il est temps de nous rappeler &#224; la v&#233;ritable vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Karen Lavot-Bouscarle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Giono, &lt;i&gt;L'homme qui plantait des arbres&lt;/i&gt;, 1953, &#201;ditions Gallimard, Paris, collection &#171; Blanche &#187;, pp. 18 et 24, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nouvelles de la science, vari&#233;t&#233;s, informations&lt;/i&gt; in &lt;i&gt;L'Astronomie&lt;/i&gt;, 1969, Vol. 83, p. 272 (SAO/NASA Astrophysics Data System).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mythologie des arbres&lt;/i&gt; de Jacques Brosse, &#201;ditions Payot &amp; Rivages, Paris, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Loriot et M&#233;lia</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/loriot-et-melia.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Installations :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le huiti&#232;me &#034;livre-exposition&#034; publi&#233; par Art&#233;mise et Arthur Kopel, avec des &#339;uvres de Loriot &amp; M&#233;lia, accompagn&#233;es d'un texte d'Arthur Kopel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/loriot-melia-plasticiens-049e3.jpg?1766146314' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de l'exposition &#171; VU-PAS-VU &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exposition jusqu'au 3 avril 2011, Mus&#233;e des Beaux-Arts d'Angers - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au Mus&#233;e des Beaux-arts d'Angers &lt;strong&gt;Art&lt;/strong&gt;Kopel vous pr&#233;sente le huiti&#232;me &#034;livre-exposition&#034; publi&#233; par Karen Lavot-Bouscarle et Arthur Kopel, avec des &#339;uvres de Loriot &amp; M&#233;lia.&lt;br class='autobr' /&gt;
&gt; Consultez &#233;galement notre entretien avec les artistes : &lt;a href='https://artkopel.com/Loriot-Melia.html'&gt;entretien avec Loriot &amp; M&#233;lia&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Philosophique est le laisser-voir qui met sous le regard l'essentiel des choses.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Heidegger, Remarques sur art - sculpture - espace, p. 31, Payot et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Martin Heidegger&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns ont dit qu'elle avait quelques traits tatars en son visage, d'autres qu'elle avait les sourcils et les pommettes de la Vierge de Novgorod. Elle portait une robe de laine noire avec le col roul&#233;, son visage et ses mains n'&#233;taient plus alors qu'apparition.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette &#233;poque, par les nuits d'hiver, la rue Mala&#239;a Dmitrovka &#233;tait d&#233;serte et blanche. De la fen&#234;tre nous pouvions contempler l'&#233;glise de la Nativit&#233;-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie-v'Poutinkakh, avec ses hauts murs blancs et ses clochers-tentes surmont&#233;s de petits bulbes bleus au-dessus desquels tr&#244;naient encore les ors des croix plant&#233;es sur les croissants de lune. On raconte que dans les ann&#233;es 1650, Paisios, patriarche orthodoxe de J&#233;rusalem, en visite en Russie, pria instamment le tsar Alexe&#239; Mikha&#239;lovitch de reconstruire cette &#233;glise en bois qui venait de br&#251;ler. Elle est aujourd'hui encercl&#233;e de pr&#232;s, blanche, par le gris des immeubles moscovites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#238;nions entre amis, autour d'une vieille table en bois patin&#233;e par les banquets, &#224; la lueur des bougies. Elle parlait et je me taisais. Sur la table &#233;taient dispos&#233;s les &lt;i&gt;pirojki&lt;/i&gt;, les petits sprats fum&#233;s conserv&#233;s dans l'huile, les molossols et la vodka, les blini napp&#233;s de caviar rouge et d'autres de noir, les tranches d'esturgeon &#233;toil&#233;, ainsi que le samovar pour le th&#233;. J'&#233;coutais le timbre et le grain de sa voix tout en contemplant ses mains qui virevoltaient ainsi que les corneilles mantel&#233;es lors de leurs parades nuptiales. Elle buvait du champagne fran&#231;ais et parlait de th&#233;&#226;tre dont elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les repr&#233;sentations. Elle &#233;voquait aussi ses peurs ; elle laissait entendre qu'elles la t&#233;tanisaient parfois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soudainement elle me demanda si je connaissais ce po&#232;me de Yeats dont elle me chuchota les deux derniers vers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; I have spread my dreams under your feet ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tread softly because you tread on my dreams &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'ai d&#233;pos&#233; mes r&#234;ves sous vos pieds ; marchez doucement parce que vous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur derri&#232;re elle, d'&#233;tranges lueurs formaient des images fantomatiques. J'ai mis longtemps &#224; comprendre que la lune se refl&#233;tait dans l'or des croissants et des croix, et que ces reflets venaient eux-m&#234;mes se projeter sur l'argenterie des couteaux et des fourchettes, dans le cristal taill&#233; des bougeoirs, pour aller illuminer le mur de r&#234;ves d'images. Tout s'&#233;tait pass&#233; comme si la fragilit&#233; et la beaut&#233; n'&#233;taient qu'une seule et m&#234;me facette du don que puisse offrir l'art ou une femme : le chatoiement d'un r&#234;ve prompt &#224; s'&#233;vanouir ; en quoi notre regard est encore plus fragile car il peut ne pas voir certaines r&#233;alit&#233;s faute d'&#234;tre assez pr&#233;sent &#224; ce qui lui fait face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait notre monde tient par les images que nous y projetons sans cesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de la vaine volont&#233; de possession, il y a dans l'art comme dans l'amour une infinie projection d'images, ils nous rendent uniques parce qu'&#224; juste titre nous pensons &#234;tre celui ou celle qui en est le plus touch&#233;, comme s'ils n'attendaient que nous pour &#234;tre r&#233;v&#233;l&#233;s et comme si nous n'attendions qu'eux pour les r&#233;v&#233;ler. Des choses &#233;parses en nous tintinnabulent alors jusqu'&#224; se cristalliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majeure partie des &#339;uvres de Loriot-M&#233;lia ne peut que surgir dans l'ombre, ce n'est que par elle qu'elles adviennent ; ainsi les mosa&#239;ques d'or byzantines, les ic&#244;nes, qui, &#224; la seule flamme d'un cierge, surgissent &#224; t&#233;n&#232;bres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une infime source de lumi&#232;re suffit pour animer un monde. Mais pas d'ors ici si ce n'est une r&#233;f&#233;rence dans l'une des premi&#232;res &#339;uvres : &#171; &lt;i&gt;l'Aur&#233;olus dit le Loriot&lt;/i&gt; &#187; c'est son titre, &lt;i&gt;oriolus oriolus&lt;/i&gt; disent les ornithologues, le &lt;i&gt;merle d'or&lt;/i&gt; ainsi qu'on l'appelait dans les campagnes de France au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle encore ; celui qu'on ne voit jamais, qui se cache dans les frondaisons et n'effectue sa migration que de nuit ; l'&lt;i&gt;oiseau de feu&lt;/i&gt; des contes russes, celui qui mange les pommes d'or dans les jardins du tsar et qui amorce le rite de passage du jeune Ivan Tsar&#233;vitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif de l'&#339;uvre est explicit&#233; sur le cartel : &#171; objets divers r&#233;fl&#233;chissants, miroirs, plateau, appareil photographique, oiseau-leurre. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un oiseau-leurre dont la bo&#238;te d'origine pr&#233;sente sur le plateau-dispositif une calligraphie extr&#234;me-orientale, sur laquelle est &#233;galement &#233;crit : &lt;i&gt;Oriole&lt;/i&gt; ; en face de cette bo&#238;te, un loriot-jouet en m&#233;tal se penche sur un miroir, pour nous indiquer de l'imiter, de regarder les miroirs. Quant &#224; l'appareil photographique, un &lt;i&gt;Lubitel&lt;/i&gt; &#8212; prononcer &lt;i&gt;lioubitel&lt;/i&gt; &#8212; de fabrication sovi&#233;tique, il provient de l'usine &lt;i&gt;Leningradsko&#239;e Optiko Mekhanichestko&#239;e Obieninen&#239;e&lt;/i&gt;, autrement appel&#233;e LOMO. &lt;i&gt;Lioubitel&lt;/i&gt; est un mot r&#233;cent dans la langue russe, si l'on en croit le linguiste et philologue Viktor Vladimirovitch Vinogradov&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Viktor Vladimirovitch Vinogradov, Istoriia slov : okolo 1500 slov i (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il serait apparu au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dans une gazette de Saint-Petersbourg et signifie &lt;i&gt;amateur&lt;/i&gt;, les russes disent aussi &lt;i&gt;dilettant'&lt;/i&gt; ; c'est l'appareil photographique qui offre une des roues du char sur lequel se tient l'oiseau, par la lumi&#232;re qui vient se projeter sur la couronne (&lt;i&gt;or&#233;ole&lt;/i&gt;) de mise au point de son objectif et en projette les contours. &#192; la fin du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'&lt;i&gt;or&#233;ole&lt;/i&gt; &#233;tait l'adaptation orthographique de l'&lt;i&gt;aurea coronna&lt;/i&gt;, couronne d'or ; au XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'expression s'est condens&#233;e en &lt;i&gt;aur&#233;ole&lt;/i&gt; et d&#233;signait une petite couronne d'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue fran&#231;aise, Le Robert, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un oiseau-leurre, des miroirs bris&#233;s, un appareil photographique &lt;i&gt;Amateur&lt;/i&gt; aur&#233;olent en un r&#234;ve un oiseau de lumi&#232;re sur un mur capt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle Fureti&#232;re disait que l'aur&#233;ole &#171; se dit de quelque joyau qu'on proposait pour prix de quelque dispute &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Fureti&#232;re, Dictionnaire universel contenant g&#233;n&#233;ralement tous les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Mais que cherche-t-on &#224; nous prouver ici ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Photographie sans r&#233;f&#233;rent qui ne s'ordonne qu'&#224; partir d'un chaos, vitrail sans transparence, th&#233;&#226;tre d'ombre invers&#233;, quelque chose de singulier fait &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une image est projet&#233;e au mur &#224; partir d'improbables fragments &#233;pars, dissimul&#233;s, auxquels les artistes ont ajout&#233; un pi&#232;ge-&#224;-regard afin que ce qui est voyant ne fasse pas vision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il s'agisse de &#171; &lt;i&gt;L'&#238;le des morts&lt;/i&gt; &#187; o&#249; l'ombre d'un simple morceau de cartonnage d&#233;chir&#233; nous envoie vers d'autres mondes, qu'il s'agisse encore des &#171; &lt;i&gt;Fruits d'une m&#251;re r&#233;flexion&lt;/i&gt; &#187; qui nous offrent des fruits de lumi&#232;re ; la grande part des &#339;uvres de Loriot-M&#233;lia nous confronte &#224; l'histoire de l'art, mais surtout, rien n'existe de ces &#339;uvres qu'en acte. Que l'ampoule s'&#233;teigne, que l'ombre s'efface par trop de clart&#233;, et ne reste que le d&#233;risoire de l'installation. L'&#339;uvre ici n'existe que par ce qu'elle se donne &#224; voir dans sa fragilit&#233; d'apparition ; m&#233;lancolique est-elle qui a besoin, pour &#233;merger du fatras, d'une grande part d'ombre pour abri et d'une minuscule lumi&#232;re pour se r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau-dispositif de &#171; &lt;i&gt;L'aur&#233;olus dit le Loriot&lt;/i&gt; &#187;, on peut remarquer un petit arbre sur le bord, en fait un pique-palmier dont on se sert pour d&#233;corer les desserts. Le reflet &#8212; mais ne serait-ce pas plut&#244;t l'ombre ? &#8212; de cet arbre est presqu'invisible, d&#233;licatement pr&#233;sent dans l'image sur le mur, il est situ&#233; exactement sur le c&#339;ur de l'oiseau... &lt;br class='autobr' /&gt;
Pl&#251;t au ciel que ce f&#251;t un lilas de Perse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces &#339;uvres on entend le rire d'Alexandre Calder lorsqu'entre 1926 et 1931 il fabriquait un petit cirque avec trois fois rien, ou bien encore lorsqu'il &#233;crivait &#224; sa petite ni&#232;ce N&#233;nette en avril 1964 : &#171; Je sens bien qu'avant tout l'art doit &#234;tre joyeux, et non pas lugubre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Marchesseau, Calder intime, p. 2, Solange Thierry &#233;diteur, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le d&#233;calage entre l'image immat&#233;rielle et ce qui est mis en &#339;uvre se cr&#233;e une tension : un point de lumi&#232;re irradie l'espace, un agencement savant de bris de verre et de miroir, de d&#233;bris de toutes sortes, de d&#233;chets plastiques d'emballage... &#224; partir desquels une image appara&#238;t comme lors des anciens spectacles de magie. Quelque chose sans nom entre en r&#233;sonance avec le spectateur, comme dans la musique, dans la po&#233;sie, ou le regard d'une femme : nous d&#233;cidons alors que l&#224; est notre demeure. Quelque chose qui n'a pas de nom parle de d&#233;possession, un r&#234;ve a r&#234;v&#233; ces images. S'il y avait un leurre pour poss&#233;der notre regard comme on dit, ce n'&#233;tait que pour mieux le rendre &#224; lui-m&#234;me, et si nous avons cru que ces &#339;uvres &#233;taient le fruit de dilettantes, alors les artistes se sont jou&#233;s de nous mais pas &#224; nos d&#233;pends, il fallait cela pour que nos yeux se d&#233;prennent de ce qui n'est pas essentiel et n'oublient pas la pierre de touche de la philosophie : l'&#233;merveillement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exposition jusqu'au 3 avril 2011, Mus&#233;e des Beaux-Arts d'Angers - Commissaire de l'exposition : Christine Besson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martin Heidegger, &lt;i&gt;Remarques sur art - sculpture - espace&lt;/i&gt;, p. 31, Payot et Rivages, Paris, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai d&#233;pos&#233; mes r&#234;ves sous vos pieds ; &lt;br class='autobr' /&gt;
marchez doucement parce que vous marchez sur mes r&#234;ves &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
W. B. Yeats, &lt;i&gt;He wishes for the Cloths of Heaven&lt;/i&gt;, extrait du recueil &lt;i&gt;The Wind among the Reeds&lt;/i&gt; (1899), in &lt;i&gt;Collected Poems&lt;/i&gt;, p. 81, Gill &amp; Macmillan, Dublin, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Viktor Vladimirovitch Vinogradov, &lt;i&gt;Istoriia slov : okolo 1500 slov i vyrazhenii i bolee 5000 slov, s nimi sviazannykh&lt;/i&gt;, Tolk, Moscou, 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Rey, &lt;i&gt;Dictionnaire historique de la langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Le Robert, Paris, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Fureti&#232;re, &lt;i&gt;Dictionnaire universel contenant g&#233;n&#233;ralement tous les mots fran&#231;ois, tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts&lt;/i&gt;, Arnout &amp; Reinier Leers, La Haye &amp; Rotterdam, 1690.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Marchesseau, &lt;i&gt;Calder intime&lt;/i&gt;, p. 2, Solange Thierry &#233;diteur, La Biblioth&#232;que des arts, Paris, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fr&#233;d&#233;ric Guionnet</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/frederic-guionnet.html</link>
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		<dc:date>2009-04-30T11:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Peinture :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le septi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec des peintures de Fr&#233;d&#233;ric Guionnet, For&#234;ts. Photos Karen Lavot-Bouscarle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/frederique-guionnet-peinture-484cc.jpg?1766188346' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ArtKopel vous pr&#233;sente le septi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec des peintures de Fr&#233;d&#233;ric Guionnet, &lt;i&gt;For&#234;ts&lt;/i&gt;, accompagn&#233;es d'un texte d'Arthur Kopel. Photographies Karen Lavot-Bouscarle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;i&gt;Partout o&#249; une vall&#233;e secr&#232;te, un lieu bois&#233;, un mar&#233;cage d'acc&#232;s difficile,&lt;br/ &gt;
offrait un espoir de protection ou de salut,&lt;br/ &gt;
on y avait cherch&#233; asile.&lt;/i&gt;&lt;br/ &gt;
C&#233;sar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jules C&#233;sar, Guerre des Gaules, VI &#8212; XXXIV, Tome 2, p. 199, Belles Lettres, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un homme sur un sentier, va p&#233;n&#233;trer dans une for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme en barque se dirige vers une &#238;le sylvestre. Sur l'eau, l'homme est plus &#238;le que l'&#238;le elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peintre, dans ses carnets, se rem&#233;more le rideau de th&#233;&#226;tre &#233;voquant les for&#234;ts qu'il voyait, enfant, au concert de la Soci&#233;t&#233; Philharmonique de Lu&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solitaire tu l'es mon ami, parce que...&lt;br class='autobr' /&gt;
avec les doigts tendus et avec les paroles&lt;br class='autobr' /&gt;
nous prenons peu &#224; peu le monde en possession&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qu'il a de plus faible et de moins s&#251;r peut-&#234;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rainer Maria Rilke, Sonnets &#224; Orph&#233;e, p. 126, Le Seuil, Paris, 1972.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Guionnet explore le moment de ce passage, cette incertaine certitude d'&#234;tre, o&#249; nous p&#233;n&#233;trons dans une for&#234;t, non pour nous y perdre, mais pour nous trouver. L&#224; o&#249; nous avons rendez-vous avec une fragilit&#233; qui est notre force. L&#224; o&#249; nous cherchons &#224; perdre quelque chose de nous et trouver en nous quelque chose &#224; nous encore inconnu. Il note que &#171; la for&#234;t est pareille au rideau parce qu'elle se montre et montre quelque chose tout en se cachant et cachant quelque chose &#187; : le lieu de la transformation et de l'inqui&#233;tude de ne pas &#234;tre totalement soi dont P&#233;trarque se demande &lt;i&gt;&#224; quoi sert d'entrer seul en ces endroits, &#224; quoi rime d'avoir parcouru les for&#234;ts, si partout o&#249; je vais mon esprit me suit au c&#339;ur des for&#234;ts tel qu'il &#233;tait dans la ville&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#233;trarque, La Vie solitaire, Livre I, p. 74, Payot Rivages, Paris, 1999.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me souvient de Prokhore Mochnine, qui s'appela ensuite S&#233;raphin. Au d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il s'enfon&#231;a dans la for&#234;t de Sarov, loin &#224; l'est de Moscou. Il se retira sur un rocher. On raconte qu'un ours vint souvent lui rendre visite, qu'ils marchaient c&#244;te &#224; c&#244;te quand la brume du soir envahissait la for&#234;t, et que le &lt;i&gt;staretz&lt;/i&gt; cheminait, la main pos&#233;e sur la t&#234;te de l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Bettelheim disait que la &lt;i&gt;for&#234;t symbolise l'endroit o&#249; l'obscurit&#233; int&#233;rieure est affront&#233;e et vaincue, o&#249; on cesse d'&#234;tre incertain sur ce que l'on est vraiment et o&#249; on commence &#224; comprendre ce que l'on veut &#234;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de f&#233;es, p.209, Robert Laffont, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'indicible de cette exp&#233;rience est &#233;voqu&#233; par Tolsto&#239;, dans &lt;i&gt;Guerre et Paix&lt;/i&gt;, lorsque Natacha raconte au prince Andr&#233; qu'elle s'&#233;tait perdue en for&#234;t et qu'elle &#233;tait &lt;i&gt;tomb&#233;e&lt;/i&gt; sur un &#233;leveur d'abeilles : &lt;i&gt;Natacha &#233;tait m&#233;contente de ses explications, elle sentait se d&#233;rober la po&#233;sie de l'&#233;motion qu'elle avait &#233;prouv&#233;e ce jour l&#224; et qu'elle tentait d'ext&#233;rioriser. &#171; Ce vieillard &#233;tait si d&#233;licieux... Il faisait si noir dans la for&#234;t &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;on Tolsto&#239;, Guerre et Paix, Tome II, Livre III &#8212; 2, p. 286, Gallimard , (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercher les for&#234;ts pour refuser les faux-semblants des constructions sociales et vraiment s'affronter soi-m&#234;me, reprendre depuis le d&#233;but les peurs de notre enfance, par fanfaronnade oubli&#233;es et toujours tapies au fond de l'adulte devenu. La for&#234;t est un rideau, il faut le franchir pour retrouver nos morts. La for&#234;t est un r&#234;ve de for&#234;t. Dans un de ses carnets, Fr&#233;d&#233;ric Guionnet a fait le croquis du fruit de l'aulne noir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;alnus glutinosa&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comment d&#232;s lors ne pas penser &#224; l'&lt;i&gt;Erlk&#246;nig&lt;/i&gt; de Goethe,&lt;br class='autobr' /&gt;
au Roi des Aulnes ? &lt;i&gt;Si vous avez &#233;t&#233; n&#233;gligeants avec vos morts, vous leurs donnerez une s&#233;pulture dans votre r&#234;ve, un r&#234;ve qui pourra les accueillir. La m&#233;moire consciente que vous avez des morts ne vaut pas grand chose. Les morts sont exigeants, ils demandent d'&#234;tre assur&#233;s d'une s&#233;pulture qui appartienne &#224; la substance m&#234;me de l'homme, au mat&#233;riau de l'homme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre F&#233;dida, Humain/D&#233;shumain, p.76, P.U.F., Paris, 2007.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les carnets du peintre, j'ai lu le nom des parfums de la maison Fragonard, j'ai trouv&#233; des dessins rehauss&#233;s de couleurs d'un jardin &#224; Grasse, du paysage vu d'une fen&#234;tre d'h&#244;tel. J'ai lu la transcription d'un r&#234;ve o&#249; une chouette blanche n'effraie pas la for&#234;t, j'ai vu un homme regarder les nuages, un vol d'oies sauvages, j'ai entendu l'affection &#224; un petit enfant, j'ai lu aussi le cri pur que cherchent &#224; &#233;teindre les frondaisons lointaines pour &#233;touffer le rauque de sa voix, l'&#233;ternel cri des artistes mais dont peu nombreux sont ceux qui les comprennent, ni qui les entendent seulement : &#171; &lt;i&gt;ni artiste pour les autres, voire soi-m&#234;me, qui attendent une preuve : amis, famille... ni homme de la soci&#233;t&#233;, car sans travail, sans argent, sans honneur parfois, sans libert&#233; parfois&lt;/i&gt; &#187;. Il est des solitudes am&#232;res que l'artiste, de sa force seule, f&#233;conde et travaille, comme on le fait de la terre, &#171; &lt;i&gt;avec l'impression d&#233;routante de ne savoir o&#249; aller&lt;/i&gt; &#187; note-il encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se reclure du monde. Je me souviens de Publius Cornelius Tacitus, que son &lt;i&gt;cognomen&lt;/i&gt; nomme &lt;i&gt;le Silencieux&lt;/i&gt;. Il &#233;crivit qu'il avait pass&#233; une partie de sa vie, sous le r&#232;gne de Domitien, &lt;i&gt;per silentium venimus&lt;/i&gt;, en traversant le silence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tacite, Vie d'Agricola, III &#8212; 2, p.7, Belles Lettres, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de la for&#234;t, nous ne voyons plus la for&#234;t, nous y sommes pris. Devant ses peintures, nous sommes &#224; l'or&#233;e du d&#233;part. Le voyage, le peintre l'a fait. Maintenant je peux voir les infinies volutes de nuances d'&#233;meraude, des rideaux de vert tendre et la m&#233;moire des rideaux anciens, ceux &lt;i&gt;des chambres d'amour dont le souvenir est &#233;teint&lt;/i&gt; qu'il &#233;voque dans ses carnets, une fois revenu de la travers&#233;e. Il fallait d'abord apprivoiser la peur avant de p&#233;n&#233;trer dans l'inconnu du noir, et ressortir avec la couleur dans le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Tacite le silencieux &#233;crivit sur la Germanie, le monde romain connaissait les t&#233;n&#232;bres de ses for&#234;ts, le terrible de ses guerriers, et quand il &#233;voque les &lt;i&gt;Haries&lt;/i&gt;, aux confins de cette contr&#233;e sauvage, il exprime, comme il s'&#233;loigne du monde connu, la fiction plus que la g&#233;ographie : ces &lt;i&gt;&#234;tres farouches accentuent encore leur sauvagerie naturelle en empruntant les secours de l'art et du moment : boucliers noirs, corps peints ; pour combattre, ils choisissent des nuits noires ; l'horreur seule et l'ombre qui accompagnent cette arm&#233;e de l&#233;mures suffisent &#224; porter l'&#233;pouvante, aucun ennemi ne soutenant cette vue &#233;tonnante, et comme infernale&lt;/i&gt;, nam primi in omnibus proeliis oculi uincuntur, &lt;i&gt;car en toute bataille les premiers vaincus sont les yeux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tacite, La Germanie, XLIII &#8212; 6, p. 151, Belles Lettres, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jules C&#233;sar, &lt;i&gt;Guerre des Gaules&lt;/i&gt;, VI &#8212; XXXIV, Tome 2, p. 199, Belles Lettres, Paris, 1954.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rainer Maria Rilke, &lt;i&gt;Sonnets &#224; Orph&#233;e&lt;/i&gt;, p. 126, Le Seuil, Paris, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P&#233;trarque, &lt;i&gt;La Vie solitaire&lt;/i&gt;, Livre I, p. 74, Payot Rivages, Paris, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruno Bettelheim, &lt;i&gt;Psychanalyse des contes de f&#233;es&lt;/i&gt;, p.209, Robert Laffont, Paris, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;on Tolsto&#239;, &lt;i&gt;Guerre et Paix&lt;/i&gt;, Tome II, Livre III &#8212; 2, p. 286, Gallimard , Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;alnus glutinosa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre F&#233;dida, &lt;i&gt;Humain/D&#233;shumain&lt;/i&gt;, p.76, P.U.F., Paris, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tacite, &lt;i&gt;Vie d'Agricola&lt;/i&gt;, III &#8212; 2, p.7, Belles Lettres, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tacite, &lt;i&gt;La Germanie&lt;/i&gt;, XLIII &#8212; 6, p. 151, Belles Lettres, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chris McCaw</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/chris-mccaw.html</link>
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		<dc:date>2009-02-22T10:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Art - Photographie : ArtKopel vous pr&#233;sente le sixi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec un travail photographique de Chris Mc Caw, Sunburn.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/chris-mc-caw-photographie-8b423.jpg?1766188346' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art&lt;/strong&gt;Kopel vous pr&#233;sente le sixi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec un travail photographique de Chris Mc Caw, &lt;i&gt;Sunburn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;Ce qui ne peut arr&#234;ter le feu c&#233;leste&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
disait D&#233;mocrite, &lt;i&gt;n'est jamais foudroy&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Plutarque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Nul objet que Zeus vient frapper, comme le dit D&#233;mocrite, ne peut se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Orion le chasseur, &#233;tait d'une taille prodigieuse. Le grammairien Eustathe de Thessalonique disait qu'il &#233;tait le plus beau des hommes. Selon Apollodore d'Ath&#232;nes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apollodore d'Ath&#232;nes, La Biblioth&#232;que, I, 4, 3, pp. 21-23, Delance &amp; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Pos&#233;idon lui avait donn&#233; le pouvoir de marcher sur la mer. Lorsqu'il arriva &#224; Chios, il tomba sous le charme de M&#233;rop&#233;, la fille du roi &#338;nopion, fils de Bacchus selon Th&#233;opompe. Celui-ci la lui refusa, l'enivra, lui fit crever les yeux pendant son sommeil et l'exposa au bord de la mer. Selon d'autres sources, le roi ne le tenant pas en grande estime, lui promit sa fille &#224; la condition qu'il d&#233;barrass&#226;t l'&#238;le de tous ses fauves, ou, selon d'autres commentateurs, de tous ses serpents. Apr&#232;s s'&#234;tre acquitt&#233; de sa t&#226;che, Orion revint r&#233;clamer la main de M&#233;rop&#233;. &#338;nopion refusa. Pris de rage, le g&#233;ant saccagea le palais, viola M&#233;rop&#233; et finit tant bien que mal par &#234;tre ma&#238;tris&#233; par l'arm&#233;e du roi. Pour le punir, celui-ci lui fit br&#251;ler les yeux, c'est Parth&#233;nios de Nic&#233;e qui l'affirme, et le laissa sur le rivage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guid&#233; par le son des marteaux des cyclopes, Orion traverse la mer en direction des forges d'H&#233;pha&#239;stos, &#224; Lemnos. L&#224;, un oracle annonce qu'il recouvrera la vue s'il se rend &#224; l'est. H&#233;pha&#239;stos lui donne, pour l'accompagner, un enfant, Cedalion, qui, perch&#233; sur ses &#233;paules, le guidera. Selon certains auteurs, Orion marche sur la mer pendant des jours, les yeux vides fix&#233;s vers le soleil. C'est au cours de cette marche qu'il retrouvera la vue &lt;i&gt;par les rayons de cet astre&lt;/i&gt; nous dit Apollodore. Selon d'autres sources, lorsqu'il arrive enfin jusqu'&#224; l'Oc&#233;an lointain, E&#244;s, l'aurore, s'&#233;prend de lui, et son fr&#232;re H&#233;lios lui rend la vue. Aurore, saisie d'amour l'enl&#232;ve et le transporte &#224; D&#233;los, Hom&#232;re nous dit qu'Art&#233;mise alors le tue parce que l'aurore n'aurait pas d&#251; s'&#233;prendre d'un mortel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hom&#232;re, Odyss&#233;e V, 121-124, p. 193, Les Belles Lettres, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Prise de remords en voyant son cadavre, la d&#233;esse, en un catast&#233;risme, une figure d'&#233;toiles, le pla&#231;a parmi les constellations de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, Chris McCaw fait du camping. Apr&#232;s le coucher du soleil, il r&#233;alise des photographies de ciel &#233;toil&#233;. Un matin, apr&#232;s une nuit de f&#234;te avec des amis et un abus de whisky, il &#171; oublie &#187; de se r&#233;veiller pour aller fermer l'obturateur de sa chambre photographique. Pendant que le soleil se l&#232;ve et poursuit sa course, un r&#234;ve s'imagine et s'aveugle, diurne, ext&#233;rieur au r&#234;veur, dans la bo&#238;te noire. Pendant qu'il dort, la chambre noire s'embrase. &#171; &lt;i&gt;Je me r&#233;veillais,&lt;/i&gt; dit-il, &lt;i&gt;le matin suivant, vers dix heures, longtemps apr&#232;s que le soleil se fut lev&#233;. J'avais point&#233; mon appareil plein est, bien en face du soleil&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chris McCaw, introduction &#224; Sunburn, in .&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de cette m&#233;saventure, na&#238;t la s&#233;rie &lt;i&gt;Sunburn&lt;/i&gt;. Dor&#233;navant, Chris McCaw va placer ses appareils de grand format face &#224; la trajectoire du soleil et ouvrira pendant des heures l'obturateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil p&#233;n&#232;tre &#224; l'int&#233;rieur par l'objectif qui, &#224; la fa&#231;on d'une loupe, focalise ses rayons sur le papier. Selon le temps, l'astre y trace en le br&#251;lant sa courbe et son empreinte. La dur&#233;e et l'intensit&#233; de l'exposition de la lumi&#232;re sur le n&#233;gatif modifient physiquement, en profondeur, la surface sensible, provocant une inversion des tonalit&#233;s, une solarisation r&#233;elle, cr&#233;ant alors une image unique, n&#233;gatif devenu positif, o&#249; le jour ressemble &#224; la nuit, la course du soleil &#224; la chute d'un m&#233;t&#233;ore. &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;sultat dans l'image n'&#233;tait pas seulement la repr&#233;sentation du sujet photographi&#233;, mais une part de ce sujet (le soleil) &#233;tait un participant actif dans le tirage lui-m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver au r&#233;sultat qu'il recherche, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de t&#226;tonnements et d'essais, Chris McCaw va construire des chambres photographiques d'un format allant jusqu'&#224; 50 cm x 60 cm. Il va faire des &#233;tudes sur les optiques militaires de reconnaissance : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re raison que j'ai d'utiliser ce type d'objectif, c'est que leur calcul optique permettait de prendre des photographies en faible lumi&#232;re et sur le larges surfaces. Quand j'utilise ces objectifs, je gagne une plus grande ouverture : trois valeurs de diaphragme par rapport aux objectifs standards. Cela me permet une plus intense projection du soleil dans la chambre pour une meilleure conversion de la lumi&#232;re en &#233;nergie qui br&#251;le et solarise le papier. &#192; la base, j'ai besoin de toute la lumi&#232;re possible pour avoir cette inversion qui appara&#238;t sur le tirage original. Les optiques standards pour le grand format ont g&#233;n&#233;ralement de plus petites ouvertures dues &#224; leur conception optique, afin d'en optimiser la taille et le poids. Une de mes optiques a&#233;riennes fait plus de 22 cm de diam&#232;tre et p&#232;se 14 kilos. Il faut savoir que certaines de ces optiques du d&#233;but de la seconde guerre mondiale contiennent des &#233;l&#233;ments radioactifs dans les verres. En ce moment, je serais curieux de savoir quel niveau de radiation s'en d&#233;gage, parce que je voyage assez pr&#232;s d'elles dans ma voiture. Malheureusement, je ne connais personne qui poss&#232;de un compteur Geiger&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur de ces images le dit lui-m&#234;me : sa plus grande jouissance est de regarder la fum&#233;e qui s'&#233;chappe de la chambre photographique pendant le temps que dure la prise de vue. En mettant le feu dans la &lt;i&gt;camera obscura&lt;/i&gt;, Chris McCaw convoque une mani&#232;re nouvelle et radicale de questionner l'image, comme si toute photographie &#233;tait une br&#251;lure, comme si voir n&#233;cessitait un aller au-del&#224; de l'aveuglement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au V&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avant notre &#232;re, D&#233;mocrite d'Abd&#232;re &lt;i&gt;mit un bouclier face au lever d'Hyp&#233;rion, pour que l'&#233;clat du bronze put lui vider les yeux. Des rayons du soleil il tua son regard&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laberius, in Aulu-Gelle, Nuits Attiques X, 17, p. 173, Les Belles Lettres, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tertullien, avec son habituelle raideur, affirme que c'&#233;tait parce qu'il ne pouvait regarder les femmes sans d&#233;sir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tertullien, Apolog&#233;tique XLVI, 11, p. 204, Les Belles Lettres, Paris, 2002.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Cic&#233;ron et Aulu-Gelle parce qu'il ne voulait pas &#234;tre distrait pour penser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le soleil br&#251;le l'image, il n'y laisse que le vide d'une perforation. Le papier, cuit parfois par cette chaleur, fait sourdre des couleurs orange &#224; rouge des ab&#238;mes noires et blanches de l'&#233;mulsion. L'empreinte totale est cette absence de tout dans la photographie, jusqu'&#224; la mati&#232;re m&#234;me. La pr&#233;sence totale n'est qu'un vide autour duquel s'articule une m&#233;moire solaris&#233;e, aux valeurs invers&#233;es et douces que renvoie le papier. Et sur l'image &#8212; ce que la pose longue donne &#224; voir dans les gris du tirage &#8212; un jour devient presque cr&#233;pusculaire, &#224; la fronti&#232;re de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette action persiste un trac&#233;, la trace d'un geste o&#249; le soleil se nomme et s'efface, abolit son image dans le temps du geste m&#234;me. &#192; cet endroit reste le rien qui s'expose comme une scarification, une incision. Cette meurtrissure &#233;nonce le retrait dont le vide est le signe, une m&#233;moire de trait puisque sans mati&#232;re. La photographie serait donc cette souffrance, la br&#251;lure d'une trop longue exposition au monde. Le &lt;i&gt;graphein&lt;/i&gt; de la photographie serait plus que l'arrachement du papier par le stylet ; le &lt;i&gt;graphe&lt;/i&gt;, cette griffe astrale o&#249; le d&#233;truit fait maintenant sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trop voir, reste l'orbe, la courbure de la chute, un arc cern&#233; de cendre sur un cadran sans heures, un feu qui tombe du ciel, une caut&#233;risation dans l'image et l'affirmation de son infirmit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour voir, une faille doit s'inscrire au fond de l'&#339;il : le point aveugle, &lt;i&gt;la t&#226;che de Mariotte&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce point aveugle au fond de la r&#233;tine fut d&#233;couvert en 1660 par le physicien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; se rassemblent les vaisseaux sanguins irriguant la r&#233;tine et le nerf optique. Cette zone au fond de l'&#339;il est d&#233;pourvue de photo-r&#233;cepteurs. C'est parce qu'il y a un point aveugle que nous pouvons voir. Physiquement, nous devrions avoir dans la vue deux t&#226;ches vides. Mais ce que nous appelons voir ici, n'est que le r&#233;el en reconstruction, une interpr&#233;tation. La condition m&#234;me de la vue est l'aveuglement. Dans cette absence dans le voir s'origine notre facult&#233; &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chris McCaw ne donne pas le feu aux hommes, il le transmet aux images, il r&#233;interroge &#338;dipe et Tir&#233;sias, pour qui l'aveuglement f&#233;conde le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la photographie n'est pas foudroy&#233;e, qu'est-elle au juste ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'homme n'est pas foudroy&#233;, qui est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Nul objet que Zeus vient frapper, comme le dit D&#233;mocrite, ne peut se d&#233;fendre du flamboiement&lt;/i&gt; &#187;. Plutarque, &lt;i&gt;&#338;uvres morales&lt;/i&gt;, Tome IX-2, &lt;i&gt;Propos de table&lt;/i&gt;, IV, 2, p. 29, Les Belles Lettres, Paris, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apollodore d'Ath&#232;nes, &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que&lt;/i&gt;, I, 4, 3, pp. 21-23, Delance &amp; Lesueur, Paris, 1805.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hom&#232;re, &lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt; V, 121-124, p. 193, Les Belles Lettres, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chris McCaw, introduction &#224; &lt;i&gt;Sunburn&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.chrismccaw.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.chrismccaw.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laberius, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Aulu-Gelle, &lt;i&gt;Nuits Attiques&lt;/i&gt; X, 17, p. 173, Les Belles Lettres, Paris, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tertullien, &lt;i&gt;Apolog&#233;tique&lt;/i&gt; XLVI, 11, p. 204, Les Belles Lettres, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce point aveugle au fond de la r&#233;tine fut d&#233;couvert en 1660 par le physicien et botaniste fran&#231;ais Edme Mariotte (1620-1684).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez voir d'autres photographies de Chris McCaw sur son site personnel :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.chrismccaw.com&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;www.chrismccaw.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tenebroso Lago, Jean-Paul Marcheschi</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/tenebroso-lago-jean-paul-marcheschi.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://artkopel.com/galerie/tenebroso-lago-jean-paul-marcheschi.html</guid>
		<dc:date>2008-10-15T19:54:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Peinture :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sentent le cinqui&#232;me livre-exposition : Tenebroso Lago, une &#339;uvre de Jean-Paul Marcheschi accompagn&#233;e d'un texte &#233;crit par l'artiste en octobre 2008 pour ArtKopel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jean-paul-marcheschi-plasticien-d3f5d.jpg?1766188346' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ArtKopel vous pr&#233;sentent le cinqui&#232;me &#034;livre-exposition&#034; : &lt;i&gt;Tenebroso Lago&lt;/i&gt;, une &#339;uvre de Jean-Paul Marcheschi accompagn&#233;e d'un texte &#233;crit par l'artiste en octobre 2008 pour &lt;strong&gt;Art&lt;/strong&gt;Kopel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultez &#233;galement notre entretien avec Jean-Paul Marcheschi r&#233;alis&#233; le 20 juillet 2008 : &lt;a href=&#034;http://www.artkopel.com/Jean-Paul-Marcheschi.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entretien avec Jean-Paul Marcheschi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Installation &#224; la Cath&#233;drale de Nantes en 2008&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dimensions : Fond &#8211; 6,93 x 3,90 m | Cot&#233;s &#8211; 3,30 x 3,90 m | Lac : 43,65 m&#178;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Io ritornai da la santissima onda&lt;br class='autobr' /&gt;
io rifatto s&#236; come piante novelle&lt;br class='autobr' /&gt;
rinovellate di novella fronda,&lt;br class='autobr' /&gt;
puro e disposto a salire a le stelle.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dante, La Divine com&#233;die, Le Purgatoire, XXXIII 142-145.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Dante, &lt;i&gt;Purgatorio&lt;/i&gt; XXXIII 142-145&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;	Le tenebroso r&#233;unit deux objets &#8212; deux lieux s'y fondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Florence d'abord &#8212; &#224; cause de Dante bien s&#251;r, et aussi de Masaccio, &#224; qui j'emprunte explicitement les figures d'Adam et Eve chass&#233;s du Paradis de la chapelle Brancacci. Et Naples &#8212; par la r&#233;f&#233;rence au compositeur Alessandro Scarlatti, &#224; son motet &lt;i&gt;Tenebroso lacu&lt;/i&gt;, de sombre splendeur, et tellement dantesque, qui donne son titre &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il s'agit d'un ensemble form&#233; de trois rideaux, r&#233;tro-&#233;clair&#233;s, et plac&#233;s autour d'un bassin d'eau noire. Deux corps nus et un seul visage : celui d'Eve, bouche entr'ouverte, laissant &#233;chapper un souffle. Nos deux fugitifs, perdus dans l'immensit&#233; d'un ciel nocturne, fl&#233;ch&#233; de m&#233;t&#233;ores, pressent le pas en direction de la terre, dont la lune, que l'on aper&#231;oit sur la droite, est le signe annonciateur. Alentour c'est une pluie d'&#233;toiles filantes qui se consument. Mais l'essentiel c'est l'eau noire &#8212; &lt;i&gt;santissima onda&lt;/i&gt; &#8212; o&#249; s'ab&#238;me le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'obscur objet des peintres, toujours, par del&#224; le sujet manifeste, est cette chose stellaire, enfouie au fond de la m&#233;moire, qui repara&#238;t, &#231;a et l&#224;, au cours des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;STELLE&lt;/i&gt; &#8212; ce mot hante l'ensemble de la Divine com&#233;die &#8212; c'est pour lui que Dante ach&#232;ve les trois parties (Enfer, Purgatoire, Paradis) de son po&#232;me. L'&#233;toile &#8212; de m&#234;me que le cercle et la spirale &#8212; conduit le d&#233;roulement complet de la Divine com&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout va aux astres, au ciel, aux &#233;toiles. L'&#233;crit dantesque est la plus grande r&#233;serve de nuit, de lumi&#232;re et d'&#233;toiles qui se puisse concevoir. &lt;i&gt;Lumen de lumine&lt;/i&gt; : c'est la peinture. Lumi&#232;re issue de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque Baudelaire proclame sa passion pour l'image &#8212; jusqu'&#224; l'idol&#226;trie &#8212; c'est la peinture qu'il d&#233;signe, en tant qu'elle est d'abord une mati&#232;re vibrante, incandescente, corporelle : une &lt;i&gt;phusis&lt;/i&gt;. Il y a loin de la peinture &#224; l'image &#8212; telle du moins qu'elle prolif&#232;re aujourd'hui, &#224; peu pr&#232;s partout, je songe aux images publicitaires, aux images domestiques courantes, photographiques ou vid&#233;ographiques. En elles, il y a peu de temps &#8212; pas assez de &lt;i&gt;cavare&lt;/i&gt;, pas assez d'&#233;paisseur et de mati&#232;re. Ces images de la prolif&#233;ration n'ont pas de chair &#8212; trop lisses, trop s&#232;ches : &lt;i&gt;maniera secca&lt;/i&gt;. Elles manquent de corps, de d&#233;chirures &#8212; par o&#249; s'immiscer. Elles sont priv&#233;es d'air, de substance, d'individualit&#233;. Elles sont faiblement sign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Moins l'&#339;il est capable de voir &#8212; sentir, penser &#8212; plus il photographie. Grave d&#233;ficit d'&#234;tre. Chacun, aujourd'hui, semble saisi par ce sympt&#244;me : on photographie tout. &lt;i&gt;Photographite g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/i&gt; : c'est la maladie de l'&#233;poque &#8212; tr&#232;s li&#233;e, &#224; l'autre pathologie du si&#232;cle : le tourisme. Il y a plus de photographies prises que de choses &#224; voir. D&#233;faut de distinction, faiblesse chronique du moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; la pl&#233;thore (de l'image) la peinture oppose la raret&#233;. En ce sens, le &lt;i&gt;tenebroso lago&lt;/i&gt; est une &lt;i&gt;contre image&lt;/i&gt;. Il y a en lui autant &#224; voir, &#224; lire, qu'&#224; toucher. L'eau noire qui l'envahit n'est pas une image de l'eau, c'est l'eau m&#234;me. Aucune r&#233;ification. En cette &#233;tendue on peut entrer, se baigner si l'on veut, ou bien marcher. Sous ces feuillets, travers&#233;s d'&#233;critures, pass&#233;s &#224; la suie, qui constituent le ciel, p&#232;se une eau sombre. Le matin l'eau est fra&#238;che, mais avec la mont&#233;e du jour, elle finit par se r&#233;chauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Jean-Paul Marcheschi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dante, La Divine com&#233;die, Le Purgatoire, XXXIII 142-145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je m'en revins de l'onde sainte&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; comme une jeune plante&lt;br class='autobr' /&gt;
renouvell&#233;e de feuillages nouveaux,&lt;br class='autobr' /&gt;
pur et tout pr&#234;t &#224; monter aux &#233;toiles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de Jacqueline Risset, &#233;ditions GF-Flammarion, Paris, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez voir d'autres &#339;uvres de Jean-Paul Marcheschi sur son site personnel :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marcheschi.fr&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;www.marcheschi.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Laurent Millet</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/laurent-millet.html</link>
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		<dc:date>2008-06-12T09:50:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Photographie :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le quatri&#232;me livre-exposition avec des photographies de Laurent Millet. Consultez &#233;galement notre entretien avec l'artiste, r&#233;alis&#233; en mai 2008.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/laurent-millet-photographe-67940.jpg?1766188346' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art&lt;/strong&gt;Kopel vous pr&#233;sente le quatri&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec des photographies de Laurent Millet r&#233;alis&#233; le 22 mai 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
Consultez &#233;galement notre entretien avec le photographe r&#233;alis&#233; le 22 mai 2008 : &lt;a href=&#034;http://www.artkopel.com/Laurent-Millet.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien avec Laurent Millet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les voyageurs se promenaient avec un curieux objet dans la poche. Il s'appelait le &lt;i&gt;miroir noir&lt;/i&gt;, ou encore le &lt;i&gt;miroir de Claude&lt;/i&gt;. C'&#233;tait un miroir l&#233;g&#232;rement convexe dont la largeur variait souvent de 10 &#224; 20 centim&#232;tres. Il &#233;tait ench&#226;ss&#233; dans un bo&#238;tier de bois qui s'ouvrait comme un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent du tain avait fait place &#224; un fond noir. Les peintres s'en servaient pour contempler un paysage avec des couleurs alt&#233;r&#233;es, et plut&#244;t r&#233;duites &#224; une &#233;chelle de valeurs de gris. Sa petite taille faisait &#233;galement qu'on ne distinguait pas les petits d&#233;tails du paysage, contrairement au miroir classique dont &#171; le tain blanc occasionne la confusion dans la repr&#233;sentation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Didier d'Ar&#231;ais de Montany, Trait&#233; des couleurs pour la peinture en &#233;mail et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Montany cherchait m&#234;me &#224; &lt;i&gt;d&#233;truire toute couleur dans le verre en y produisant le noir transparent&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi les voyageurs l'utilisaient-ils pour regarder un paysage comme s'il s'agissait d'un tableau de Claude Lorrain, d'o&#249; il tire son nom. Pour admirer un paysage, ils le regardaient en lui tournant le dos, comme dans un r&#233;troviseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; Pline l'Ancien parlait d'un miroir d'obsidienne &lt;i&gt;pro imagine umbras reddente&lt;/i&gt;, qui ne rend en guise d'image que des ombres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pline, Histoires Naturelles, XXXVI - 196, p. 117, Belles lettres, Paris, 1981.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais son anc&#234;tre le plus direct se trouve dans la Gr&#232;ce ancienne. C'est au Ve si&#232;cle qu'apparurent les &lt;i&gt;miroirs &#224; bo&#238;tier&lt;/i&gt;. Les Grecs ne connaissaient alors que le miroir &#224; main et celui &#224; support. Le &lt;i&gt;miroir &#224; bo&#238;tier&lt;/i&gt; est constitu&#233; d'une bo&#238;te ronde, dans laquelle est ench&#226;ss&#233; un disque de bronze poli. Il va de soi que la qualit&#233; de l'image ainsi form&#233;e n'avait rien de comparable avec celle de nos miroirs modernes. Dans le miroir de bronze, on voit mal. Fran&#231;oise Frontisi-Ducroux rel&#232;ve que le miroir &#171; enclos dans son bo&#238;tier peut &#234;tre mis en relation avec le terme &lt;i&gt;enoptron&lt;/i&gt;, qui sugg&#232;re une image log&#233;e, sinon enferm&#233;e dans le miroir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise Frontisi-Ducroux, L'Oeil dans le miroir, p. 77, Odile Jacob, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Curieusement, ce terme correspond exactement aux daguerr&#233;otypes des origines de la photographie. L'apparition d'une image sur une surface r&#233;fl&#233;chissante se nommait &lt;i&gt;em-phasis&lt;/i&gt;, l'emphase, qui dans son premier sens disait l'action d'appara&#238;tre dans une chose, et exprima par la suite le reflet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose comme un trouble me saisit &#224; la vue des photographies de Laurent Millet. J'ai bien l'intuition de l'eau, de la neige, mais je ne vois pas leur mat&#233;rialit&#233;. Il y a du ciel aussi, mais ce n'est pas le ciel. Au centre, se trouve un objet que je ne peux nommer et dont je ne peux taire la tentative de la parole. Alors je regarde. &#171; On est ce qu'on regarde &#187; disait Laurent Millet. Ses photographies appartiennent &#224; l'ordre du sympt&#244;me, de quelque chose qui appara&#238;t, &lt;i&gt;qui fait signe, et qu'on ne comprends pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lacan, Le S&#233;minaire XVIII, D'un discours qui ne serait pas du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans l'image il n'y a pas de rive, ou alors si lointaine que je ne peux traverser seul. J'attends Charon, le nocher, le passeur d'ombres, fils d'Er&#232;be et de la Nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Millet est un &lt;i&gt;skiagraphe&lt;/i&gt;, celui qui &#233;crit les ombres, il construit le fragile, sur les bords d'un marais ou d'un fleuve non loin de son embouchure. Il se met &#224; distance dans/de la fragilit&#233; comme pour mieux la scruter. De cette mise &#224; distance na&#238;t une d&#233;chirure, un pli dans l'appara&#238;tre, qu'on ne peut nommer avec pr&#233;cision. Il &#233;crit l'ombre du temps dans l'&#233;vanescence des mar&#233;es et de leur cycle, l'ombre des objets qu'il voue &#224; la destruction et dont la trace d'ombre atteint une feuille de papier, en laissant vierge l'ombre de l'ombre dans le blanc des fibres, comme une apophase du r&#233;el. Il photographie le tain oxyd&#233; du temps o&#249; le noir est une pr&#233;sence advenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son trait&#233; &lt;i&gt;De l'&#226;me&lt;/i&gt;, Aristote construit une fiction impossible : le diaphane, sorte de lieu sans espace, &#171; &#233;paisseur accueillante du visible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anca Vasiliu, Du diaphane, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1997.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le diaphane n'est pas visible, il est sans corps ; pr&#233;sent dans l'air ou dans l'eau, il n'est pas l'air, ni l'eau. Il est ce qui porte l'image de ce que je vois vers moi, il est ce qui porte mon regard vers la chose que je regarde : une fiction de l'intervalle. Sa limite est la couleur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Petit trait&#233; d'histoire naturelle, De la Sensation et du sensible, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par la lumi&#232;re, la couleur de l'objet devient couleur d'emprunt du diaphane, &lt;i&gt;lieu&lt;/i&gt; de passage, lieu travers&#233; de la manifestation de l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nuage dans la bo&#238;te n'est pas dans la bo&#238;te, la bo&#238;te n'est pas dans la chambre obscure de l'appareil photographique, pas plus que dans l'image. Diaphane est la bo&#238;te qui &lt;i&gt;capture&lt;/i&gt; le nuage, diaphane est le papier-n&#233;gatif qui laisse les empreintes m&#234;l&#233;es du ciel et des fibres du papier. Laurent Millet ne cherche pas la pure repr&#233;sentation d'une chose, il ne cherche que l'impossible saisie, dans la bo&#238;te et dans l'image, du diaphane. Il se propose de prendre cette d&#233;chirure dans le visible pour faire dispara&#238;tre l'intervalle dans l'apparition et ne garder que la pr&#233;sence pure, la &lt;i&gt;parousie&lt;/i&gt;, l'advenue de la pr&#233;sence dans le &lt;i&gt;sympt&#244;me&lt;/i&gt;, dans la rencontre de la vue et du visible. Pour cela, ces images ne sont pas &lt;i&gt;lucides&lt;/i&gt;, elles appartiennent &#224; l'ordre de l'apparition de l'ombre sans laquelle le chant des choses n'est pas audible. En Extr&#234;me-Orient, on capture des grillons que l'on met dans de toutes petites cages. Quand vient la nuit, leur chant se l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstruire un monde avec les mat&#233;riaux m&#234;mes du monde pour enfin rendre le monde. En ce sens les images de Laurent Millet sont un chaos, la b&#233;ance d'un gouffre, une ouverture d'ombre qui existait avant l'origine des choses. Reste &#224; savoir si nous construisons des fictions en place du monde, comme un refus, ou si nous les &#233;chafaudons pour mieux le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bord de la mer, tout au bord, les enfants construisent des ch&#226;teaux de sable non pas pour eux-m&#234;mes, mais pour &#234;tre fascin&#233;s par l'instant de leur disparition. Le vrai instant nous le connaissons tous, il est celui o&#249; l'on cl&#244;t les paupi&#232;res des morts, parce que c'est bien nous qui disparaissons de leurs yeux. Notre &#234;tre semble alors comme aspir&#233; par les Ombres et nous devons reconstruire la fragilit&#233; de ce que nous sommes comme pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Didier d'Ar&#231;ais de Montany, &lt;i&gt;Trait&#233; des couleurs pour la peinture en &#233;mail et sur la porcelaine ; Pr&#233;c&#233;d&#233; de l'Art de peindre sur l'&#233;mail, et suivi de plusieurs M&#233;moires sur diff&#233;rents sujets int&#233;ressants tel que le travail de la porcelaine, l'Art du Stuccateur, la mani&#232;re d'ex&#233;cuter les Cam&#233;es &amp; les autres Pierres figur&#233;es, le moyen de perfectionner la composition du verre blanc et le travail des Glaces, etc.&lt;/i&gt;, G. Cavelier, Paris, 1765. in Arnaud Maillet, &lt;i&gt;Le Miroir noir, enqu&#234;te sur le c&#244;t&#233; obscur du reflet&lt;/i&gt;, p. 34, Kargo, Paris, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pline, &lt;i&gt;Histoires Naturelles&lt;/i&gt;, XXXVI - 196, p. 117, Belles lettres, Paris, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise Frontisi-Ducroux, &lt;i&gt;L'Oeil dans le miroir&lt;/i&gt;, p. 77, Odile Jacob, Paris,1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lacan, &lt;i&gt;Le S&#233;minaire&lt;/i&gt; XVIII, &lt;i&gt;D'un discours qui ne serait pas du semblant&lt;/i&gt;, p. 52, Seuil, paris, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Anca Vasiliu, &lt;i&gt;Du diaphane&lt;/i&gt;, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Petit trait&#233; d'histoire naturelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;De la Sensation et du sensible&lt;/i&gt;, p. 28, Belles Lettres, paris, 1953.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez voir d'autres photographies de Laurent Millet sur son site personnel :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.laurent-millet.com&#034; style=&#034;color: #AE0D28&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;www.laurent-millet.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karen Lavot-Bouscarle</title>
		<link>https://artkopel.com/galerie/karen-lavot-bouscarle.html</link>
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		<dc:date>2008-05-23T06:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Photographie :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le troisi&#232;me livre-exposition avec deux travaux photographiques de Karen Lavot-Bouscarle, Les Arbres bleus, et Nuits, r&#233;alis&#233;s en 2008.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://artkopel.com/galerie/" rel="directory"&gt;Galerie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/karen-lavot-bouscarle-photographie-d7de6.jpg?1766188347' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art&lt;/strong&gt;Kopel vous pr&#233;sente le troisi&#232;me &#034;livre-exposition&#034; avec deux travaux photographiques de Karen Lavot-Bouscarle, &lt;i&gt;Les Arbres bleus&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Nuits&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233;s en 2008, accompagn&#233;s d'un texte et du petit conte &lt;i&gt;Vorona i Galka&lt;/i&gt;, &#233;crits par Arthur Kopel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mes r&#234;ves &#233;taient toujours en couleur : des formes gigantesques, primordiales, avec des sonorit&#233;s color&#233;es, et ma propre voix me parvenait retentissante d'un &#233;cho bleu.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexe&#239; Remizov, Les Yeux tondus, p. 62, Gallimard, Paris, 1958.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Alexe&#239; Remizov&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Personne ne connait &lt;i&gt;Kachirino&lt;/i&gt;. C'est normal : en partant de Moscou, il faut prendre la direction du Sud-Est, passer par &lt;i&gt;Kolomna&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;Riazan&lt;/i&gt;, et plus loin, en arrivant &#224; &lt;i&gt;Chatsk&lt;/i&gt;, vous tournez &#224; droite. Encore une vingtaine de kilom&#232;tres &#224; travers plaines et for&#234;ts, vous quittez la route en prenant un chemin &#224; gauche sur un kilom&#232;tre encore et, apr&#232;s une journ&#233;e de voiture, vous y &#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de &lt;i&gt;Kachirino&lt;/i&gt;, c'&#233;tait il y a longtemps, &#224; l'or&#233;e d'une for&#234;t de cent cinquante kilom&#232;tres de profondeur, o&#249; nous allions ramasser des paniers entiers de fraises, de framboises sauvages ou de c&#232;pes. De temps &#224; autres s'ouvraient &#224; nous des clairi&#232;res de marais. L'hiver dans ce hameau ne vivaient pas plus de cinq &#224; six personnes. Je me souviens encore du pr&#234;tre, exil&#233;, mis &#224; la retraite d'office par sa hi&#233;rarchie moscovite, ici, &#224; quatre cent cinquante kilom&#232;tres. Il &#233;tait bon et simple, il poss&#233;dait deux ruches. Il habitait dans le milieu du hameau. Notre voisin lui aussi &#233;tait exil&#233;, ou plut&#244;t rel&#233;gu&#233;. Il avait atterri ici apr&#232;s dix ans de prison et une interdiction d'habiter quelque ville que ce f&#251;t. Je me souviens de ses bras tatou&#233;s. Il p&#234;chait beaucoup dans la rivi&#232;re qui longeait la for&#234;t, et de temps &#224; autres nous apportait un brochet. Je me souviens aussi d'une petite chienne grise et informe qui s'invitait de maison en maison. &lt;i&gt;Moukha&lt;/i&gt; qu'elle s'appelait, &#171; &lt;i&gt;la mouche&lt;/i&gt; &#187;. J'ai appris plus tard que notre voisin l'avais mang&#233;e un hiver de froid et d'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, nous jouions &#224; un jeu de cartes russe du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, qui porte le nom fran&#231;ais de &lt;i&gt;Pr&#233;f&#233;rence&lt;/i&gt;. Le dimanche, j'aimais traverser les vingt kilom&#232;tres de for&#234;t pour entendre les vol&#233;es de cloches annon&#231;ant l'office orthodoxe, &#224; l'&#233;glise en bois du village d'&lt;i&gt;Emanuelovka&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir d'&#233;t&#233; comme tous les soirs d'&#233;t&#233;, la brume montait juste avant la nuit, &lt;i&gt;babouchka Natacha&lt;/i&gt; r&#233;citait &lt;i&gt;Antchar&lt;/i&gt; - l'arbre &#224; poison - d'Alexandre Pouchkine, &#224; ses petits enfants, tr&#232;s doucement, pour qu'ils s'endorment. C'est peu de temps apr&#232;s que nous avons entendu les loups, au loin, du fond de la for&#234;t. C'&#233;tait inoubliable. Nous n'&#233;prouvions aucun frisson, nous savions tous que le loup est bien moins terrible que l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On a beaucoup dissert&#233; sur la clart&#233; de la photographie, mais peu de choses ont &#233;t&#233; dites sur son obscurit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Szarkowski, L'Oeil du photographe, Ed. 5 Continents/MOMA, Milan, 2007&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Aristote, une des fonctions essentielles de la trag&#233;die est la &lt;i&gt;catharsis&lt;/i&gt; (purification). L'origine de ce mot se trouve dans le verbe &lt;i&gt;cathairo&lt;/i&gt; qui signifie purger le territoire de ses monstres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La for&#234;t est ce lieu o&#249;, solitaire, je vais affronter mon propre chaos, et dans ce propre de mon chaos : mes monstres. Il se pourrait m&#234;me qu'un de ces monstres ne soit autre que moi-m&#234;me, tapi au fond de ce que je suis, comme si nous ne naissions que pour nous combattre, nous ne vivions que pour nous affronter &#224; nous-m&#234;me. L'art n'est que la tentative d'apprivoiser le reflet de cette guerre qui nous ravage. Pourquoi donc l'image d'une for&#234;t me para&#238;t belle, alors que je ne pourrais y vivre qu'avec peur ? On pourrait dire la m&#234;me chose d'un portrait de femme. Tout se passe encore comme si la vie n'&#233;tait belle que dans son souvenir c'est &#224; dire dans son image, quand dans le pr&#233;sent quelque chose y manquait. Il est vrai que ce quelque chose qui manquait &#233;tait sans doute moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la for&#234;t photographi&#233;e par Karen Lavot, tout n'est que mouvement. Elle est le lieu de l'instable, le lieu dans lequel je n'ai pas pied. Ici brutalement, je pars &#224; la renverse la t&#234;te en arri&#232;re, ou encore sur le c&#244;t&#233;. Comme lorsqu'on tombe apr&#232;s un vertige. D'un autre c&#244;t&#233; cela me rappelle un souvenir d'enfance quand, allong&#233; &#224; l'arri&#232;re d'une automobile, je regardais, en plissant les paupi&#232;res, d&#233;filer les arbres &#224; vive allure dans la lumi&#232;re, sans r&#233;ussir &#224; ce que le regard les capte. Parfois je fermais les yeux parce que mon cerveau n'en pouvait plus de cette acc&#233;l&#233;ration du balancement d'ombre et de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant d'avant la mort ressemblera &#224; ceci, il n'y aura pas de derni&#232;re image, juste le fil&#233;, quand notre t&#234;te se renversera, de notre chaos - le &lt;i&gt;chaos&lt;/i&gt; d&#233;signe l'ouverture, la b&#233;ance, ne l'oublions pas - dans le champ d'une bataille perdue contre nous-m&#234;me. Sous le ciel bas de l'hiver, sous le poids de la neige, quelque chose d'autre subsiste encore que les photographies de Karen Lavot ont d&#233;busqu&#233;, quelque chose d'&lt;i&gt;anti-spectaculaire&lt;/i&gt; : comme une douceur perdue, r&#233;fugi&#233;e dans le sommeil des couleurs. Et dans l'ombre du tronc des arbres restera, discr&#232;te, la couleur du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand les vents soufflent, adore leur murmure&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pythagore, in Jamblique, Protreptique, p. 133, Belles Lettres, Paris, 1989.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexe&#239; Remizov, &lt;i&gt;Les Yeux tondus&lt;/i&gt;, p. 62, Gallimard, Paris, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;John Szarkowski, L'Oeil du photographe, Ed. 5 Continents/MOMA, Milan, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pythagore, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Jamblique, &lt;i&gt;Protreptique&lt;/i&gt;, p. 133, Belles Lettres, Paris, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez &#233;galement voir d'autres photographies de Karen Lavot sur son site personnel :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.klb-photographie.fr&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;www.klb-photographie.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Didier Cholodnicki</title>
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		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art &#8211; Photographie :&lt;/strong&gt; ArtKopel vous pr&#233;sente le premier livre-exposition avec un travail photographique r&#233;alis&#233; &#224; Pondich&#233;ry par Didier Cholodnicki en 2007.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://artkopel.com/local/cache-vignettes/L150xH150/didier-cholodnicki-photographie-c3052.jpg?1766188347' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ArtKopel vous pr&#233;sente le premier livre-exposition avec un travail photographique r&#233;alis&#233; &#224; Pondich&#233;ry par Didier Cholodnicki en 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;i&gt;Naviguer est n&#233;cessaire, vivre ne l'est pas.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Cnaeus Pompeius Magnus&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait tomb&#233;e d&#233;j&#224; depuis longtemps. Elle tombait t&#244;t l'hiver dans cette ville grise, sous ce ciel gris. Seule la glace, qui p&#233;trifait le Danube, se donnait quelques couleurs d'herbes s&#232;ches emprisonn&#233;es. Nous &#233;tions dans une ancienne &lt;i&gt;kafana&lt;/i&gt;, &#224; Belgrade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le po&#234;le &#224; bois enfumait la pi&#232;ce, tant et si bien que la porte restait ouverte et qu'un courant d'air glac&#233; nous saisissait. Des musiciens tziganes couraient le cachet de restaurant en restaurant. La guerre &#233;tait finie depuis dix ans, mais rares ceux qui sortaient le soir. Nous d&#233;gustions un &lt;i&gt;Riezling&lt;/i&gt; de Vo&#239;vodine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Didier Cholodnicki me fit part de son d&#233;sir d'aller &#224; Pondich&#233;ry. Belgrade, nous n'avions rien &#224; y faire ni rien &#224; voir, que de nous sentir chez nous et &#224; &#234;tre au c&#339;ur de l'Europe de demain. Mais Pondich&#233;ry, je ne comprenais pas. Ici se montrait le temps &#224; couler le long du Danube, de ses saules gris, quand la neige &#233;touffe les nuages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pondich&#233;ry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de la couleur. On pourrait dire une certaine palette si le terme n'&#233;tait pas impropre. Les couleurs pass&#233;es des bonbons, du temps o&#249; ils &#233;taient plus rares : ceux qui avaient la forme de quartiers d'orange et de citron, la forme de violette, ou le rectangle coquelicot, avec la poussi&#232;re blanche de sucre glace et leurs go&#251;ts acidul&#233;s. Et nous, enfants, nous les portions &#224; nos yeux pour regarder &#224; travers. Alors nous ne voyions rien d'autre que le translucide de la couleur. Instants singuliers de l'enfance, qui d&#233;vient le cours de la vie, o&#249; nous nous tenions immobiles, comme pour devenir invisibles, dans notre retrait savourant les couleurs sur la langue. Et, pendant que nous nous abandonnions au pur go&#251;t, nos yeux se perdaient dans ce qui nous entourait. Quelque chose fond... La couleur de ces bonbons est le fond de nos voyages d'enfance : un hors temps. La saveur s'infuse, ainsi la couleur dans l'image. La couleur propre du senti lointain, du temps o&#249; nous nous voulions seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi n'utilise-t-il pas les couleurs de la vie ? Comme si la vie &#233;tait d&#233;j&#224; le souvenir de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant ces images se distillent les couleurs dans mes yeux, de celles qui n'existent pas en Inde. A l'Orient et plus encore. L&#224; o&#249; passent les teintes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pline l'Ancien nous disait l'empereur N&#233;ron regardant les spectacles au travers l'&#233;meraude de sa bague, pour adoucir la couleur du sang.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que cachent ses couleurs ? Les images d&#233;couvrent des paysages vides, des groupes lointains, des &#234;tres seuls. La couleur passe, au sens actif et passif. La couleur traverse l'image, et crie son effacement. Le pass&#233; de la couleur marque-t-il le manque de la couleur ? Y aurait-il un temps de la couleur ? Dans le voir, quelque chose manque. Qu'est-ce qui fait manque ? L'absence ne manque pas, l'absence est une pr&#233;sence plus pr&#233;sente que la pr&#233;sence m&#234;me, elle restitue la pr&#233;sence de ce qui fait lacune, du vide dans l'&#233;tendue. L'absence, comme lieu d'un passage, est un paysage. Au photographe sa propre absence annonce &#224; lui m&#234;me la venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier Cholodnicki cherche &#224; se mettre hors du monde, seul &#224; seul, comme pour aller &#224; sa rencontre plus s&#251;rement. Le point aveugle du monde : il n'y a rien &#224; voir &#224; Pondich&#233;ry,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le vide de ce non-lieu s'appara&#238;t le lieu, le lieu de l'image. La couleur comme fond du monde dont les personnages sont le lointain. Un tableau sans sujet. Un th&#233;&#226;tre : la sc&#232;ne est l&#224;, le d&#233;cor est mont&#233;, les figurants sont en place. Tout est pr&#234;t pour que rien ne commence. L'humain devient l'inaccessible lointain de ce monde. L'advenir est ce qui ne viendra pas. L&#224; d'o&#249; il est, il ne peut oublier le tribut qu'il paie &#224; la solitude. Traverser le monde pour appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y avait &#224; Argos un homme, de bonne naissance,&lt;/i&gt; nous raconte Horace, &lt;i&gt;qui croyait entendre de merveilleux trag&#233;diens dans le th&#233;&#226;tre vide o&#249; il venait chaque jour, s'asseoir et applaudir...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Arthur Kopel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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